top of page
Faut-il craindre un krach obligataire dans les prochains mois ?
Le risque de krach obligataire a fortement augmenté depuis quelques semaines et les emprunteurs devraient redoubler de prudence.
18 mai 2026

L’arrivée de Kevin Warsh comme président de la FED le 15 mai en remplacement de Jérôme Powell renforce l’incertitude sur la direction des taux courts américains dans un contexte de fortes tensions sur les marchés obligataires mondiaux.


Que sait-on des changements souhaités par le nouveau gouverneur de la FED ?


  • Kevin Warsh estime que les bons indicateurs d’inflation sont ceux qui excluent au maximum les composantes volatiles comme l’indice « Trimmed mean PCE ». Une manière de dire qu’il ne faut pas exclure une baisse des taux courts d’ici la fin de l’année.

  • Il estime également que les gains de productivité liés à l’IA et à la dérégulation devraient diminuer les tensions sur les prix à moyen terme.

  • Il souhaite diminuer la taille du bilan de la FED et donc accélérer le quantitative Tightening, ce qui n’est pas favorable aux taux longs.

  • Il veut diminuer la prévisibilité de la FED : pas de forward guidance, pas de dot plots, moins de communication avec la presse le tout pour maximiser la flexibilité de la politique monétaire américaine.


Le débat sur la politique monétaire américaine promet d'être intense au sein de la réserve fédérale lors des prochaines réunions de mi-juin et de fin juillet 2026 et le niveau d’incertitude sur les décisions qui seront prises est élevé. Si le nouveau président de la FED veut pouvoir surprendre les marchés, les marchés pourraient également bien nous surprendre alors que le tableau actuel est particulièrement sombre sur le front des taux d’intérêts à long terme.


  • Les taux à 30 ans de la dette américaine sont au plus haut depuis 2007 à plus de 5%

  • Les taux à 30 ans au Japon sont au plus haut historique et dépassent désormais 4%, avec une dynamique depuis plusieurs mois qui tend vers le krach obligataire rampant.

  • Les taux à 30 ans au Royaume Uni se rapprochent de 6% et sont au plus haut depuis 1998. La situation y est aussi préoccupante.

  • Les taux des dettes publiques des principales économies de la zone euro retrouvent des niveaux inconnus depuis 2011, période de crise sur la dette publique juste avant le « whatever it takes » de Mario Draghi et le premier LTRO début 2012.


Le tout dans un contexte d’augmentation rapide des déficits budgétaires :


  • Aux Etats Unis avec la remise en cause par la Cour Suprême de la légalité des tarifs douaniers et l’augmentation des dépenses militaires.

  • En Europe où les efforts de stabilité budgétaire sont mis à mal par le ralentissement de l’activité et le regain d’inflation dont le rythme est repassé à 3% l’an en zone euro contre 2.1% il y a encore six mois.


En absence de résolution rapide de la crise iranienne et d’une meilleure visibilité pour les investisseurs, les tensions inflationnistes pourraient bien servir de catalyseur à une crise obligataire qui s’étend et se généralise. Quoi qu’il en soit, le risque de krach obligataire a fortement augmenté depuis quelques semaines et les emprunteurs devraient redoubler de prudence.




Nos articles sur la couverture du risque de taux
 
bottom of page