Dernière mise à jour : 11 juin 2025
La Banque Centrale Européenne a abaissé ses taux directeurs de 0.25% pour la huitième fois consécutive le 05 juin 2025, ce qui ramène le taux de la facilité de dépôt de la BCE à 2% contre 4% fin mai 2024. La baisse des taux courts a été régulière et soutenue depuis un an.

Le terme de « direction du voyage », (à la baisse des taux) précédemment employé par Christine Lagarde a désormais disparu du langage de la BCE. C’est en revanche la notion de « fin de cycle » qui a été employée lors de la conférence de presse.
De leur côté, les marchés financiers anticipent encore une baisse des taux d’ici la fin de l’année, à une date qui pourrait se situer entre septembre et décembre 2025. Une seconde baisse des taux n’est envisagée à ce stade qu’avec une très faible probabilité, environ 10% de probabilité.
Depuis un an, date de la première baisse des taux d’intervention de la BCE, les taux de swap à 5 ans ont baissé de 60 points de base, les taux à 10 ans de 20 points de base, tandis que les taux à 20 ans sont remontés de 3 points de base et les taux à 30 ans sont remontés de 17 points de base, une évolution radicalement différente de celle des taux de la Banque Centrale Européenne qui ont baissé de 200 points de base sur la période.
Il faut dire que la courbe des taux était à l’époque très inversée indiquant une anticipation de baisse rapide des taux courts, mais pas des taux longs.
Aujourd’hui la courbe des taux est redevenue croissante. L’anticipation de l’Euribor trois mois remonte progressivement à partir de mars 2026 et culmine au-dessus de 3% entre 2034 et 2038.

A quoi faut-il s’attendre sur les taux longs dans les prochains mois ?
Dans un contexte où la BCE considère être « en bonne position » pour traverser les prochains mois, la direction des taux longs pourrait être plus largement influencée par l’évolution des taux longs américains.
Aux Etats-Unis, la Réserve Fédérale tout comme les investisseurs sont tiraillés entre les conséquences inflationnistes des tarifs voulus par l’administration Trump et les indicateurs d’activité économique qui fléchissent depuis quelques mois.
Enfin, les risques perçus sur l’évolution à long terme du dollar comme monnaie de réserve dominante et sur le financement d’un déficit budgétaire non maîtrisé achèvent d’entretenir le flou sur l’évolution future des taux américains où les risques s’accumulent.
Aux Etats Unis, la dernière baisse des taux de la Réserve Fédérale remonte à fin 2024 et l’incertitude reste élevée sur le calendrier à venir et même sur la direction du prochain mouvement de la Banque Centrale. Si les marchés anticipent bien deux baisses de taux en 2025, la Banque centrale n’a donné aucune indication claire, si ce n’est sur son indépendance.

