Dernière mise à jour : 27 mai 2025
5,5 % au Royaume Uni, 5% aux Etats Unis, 4% en France, 3,5% en Allemagne et même plus de 3% au Japon, le rendement des dettes publiques des principaux pays occidentaux à 30 ans ne cesse d’augmenter depuis plusieurs mois.
Ces rendements souverains à long terme se situent désormais à des niveaux rarement ou jamais atteints depuis 15 ans et même depuis 25 ans au Japon. Ils influencent directement le coût de financement de la dette privée et les taux de swaps dans les différentes zones monétaires.
La rencontre entre l’offre et la demande de titres souverains est particulièrement scrutée lors de chaque adjudication publique qui chaque mois peut révéler et amplifier la perception des investisseurs sur le risque souverain.
Le succès de la dernière adjudication au Royaume Uni est largement attribué au choix de maturités plus courtes qu’attendu, un exemple que d’autres Etats pourraient être amenés à suivre pour s’adapter au renchérissement des financements à très long terme.
Le mouvement de désengagement des investisseurs sur les taux très longs pourrait se poursuivre en 2025 : Le dernier budget américain « BBB » pour « Big Beautiful Bill act » voté de justesse par les parlementaires américains inquiète les investisseurs car il creuse encore massivement le déficit budgétaire américain à horizon 2030.
Ce « BBB » n’est d’ailleurs pas sans lien avec la perte du dernier AAA américain tandis qu’en Europe les Etats doivent faire face à des dépenses d’investissement et de réarmement massives dans un contexte de risques élevés sur la croissance économique.
Au japon, au Royaume Uni et aux Etats Unis, les niveaux de rendement de la dette publique à long terme ont d’ores et déjà le potentiel de créer des chocs dans le secteur financier très investi dans la dette obligataire : Les moins-values latentes sont d’autant plus importantes sur les actifs très longs.
La réaction des banques Centrales à d’éventuels chocs reste incertaine dans un contexte d’incertitude sur les tarifs et de pressions inflationnistes persistantes.
La repentification massive des courbes de taux n’en est peut-être qu’à ses débuts et continue de prendre à contre-pied tous ceux qui, à la faveur de taux courts plus bas, escomptaient bénéficier de taux longs plus attractifs.
Nous ne sommes décidément pas au bout de la volatilité sur les marchés de taux.




